Difficile à cerner à la lecture du résumé, Wolfwood de Marianna Baer (Auzou) se révèle finalement bien plus fluide et maîtrisé qu’on pourrait le croire. Entre jungle oppressante, tableaux vivants et malaise subtil, le roman propose un fantastique young adult singulier, sans jamais tomber dans l’horreur excessive. Retour sur mon avis complet sur cette lecture.
Wolfwood de Marianna Baer : un résumé intrigant pour un roman young adult difficile à catégoriser

À première vue, Wolfwood est difficile à classer. Le résumé évoque des tableaux mystérieux, une jungle inquiétante, un loup qui traque des jeunes filles. On pourrait s’attendre à un fantastique très sombre, voire franchement horrifique.
C’est d’ailleurs ce qui m’a fait hésiter avant de le commencer. J’avais du mal à comprendre dans quel registre exact le roman allait s’inscrire.
Et pourtant, dès les premières pages, la lecture se révèle étonnamment fluide. Le style est clair, précis, accessible. Le roman choisit d’installer son atmosphère avant de préciser ses enjeux, quitte à désorienter légèrement.
@basilic.tropical (LIVRE OFFERT) Un roman peut-il être étouffant, presque creepy, mais le tout sans jamais tomber dans l’horreur ? Ce soir on parle de Wolfwood de Marianna Baer (@auzou_romans ♬ son original – Basilic Tropical
Une jungle oppressante au cœur de Wolfwood : quand le fantastique young adult devient creepy
Le cœur du roman repose sur cette idée forte : Indigo termine les tableaux inachevés de sa mère, artiste reconnue. Toutefois, ces peintures ne sont pas de simples œuvres. Elles abritent un monde à part entière.
À l’intérieur des toiles, une jungle dense et étrange prend vie. Les plantes semblent animées d’une volonté propre. Elles envahissent l’espace, étouffent, menacent. Trois jeunes filles tentent d’y survivre, poursuivies par un loup au cœur de cette végétation hostile.

Plus Indigo peint, plus la frontière entre l’art et le réel s’efface. Elle se retrouve elle-même confrontée à ce monde instable.
Ce qui marque, ce n’est pas la violence des scènes, mais la sensation constante d’étouffement. On a l’impression d’un air saturé d’humidité, d’un décor trop dense, presque organique. La jungle est magnifique, fascinante même, mais quelque chose semble s’y dégrader lentement.
Avis sur Wolfwood : un roman fantastique subtil, jamais trop horrifique ni anxiogène
C’est probablement là que Wolfwood trouve sa vraie singularité. Le roman installe un malaise, mais ne tombe jamais dans le thriller ou dans le récit horrifique.
Il ne cherche pas à choquer ni à traumatiser. On n’est pas dans l’horreur frontale, ni dans un thriller anxiogène. Pour les lecteurs qui, comme moi, n’apprécient pas les romans trop oppressants ou trop violents, l’équilibre est réussi.
« Je dois constamment me rappeler qu’il y a une fin à tout ça. Une fin à la faim et à l’épuisement. Une fin à l’hibernation de ma mère. Une fin aux mensonges. » Wolfwood
Le trouble est, en plus de ça, esthétique. Il passe par l’atmosphère, par le flou, par l’impression que quelque chose se joue sous la surface. On sent qu’un message se dessine derrière ces images, sans que le roman ne l’explicite immédiatement.
En parallèle, la vie d’Indigo, adolescente confrontée à des responsabilités trop lourdes pour son âge, apporte un ancrage réaliste qui renforce encore le contraste entre le monde des tableaux et la réalité.

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