Le livre Ce que je cherche de Jordan Bardella, publié chez Fayard, a rapidement atteint la première place des ventes, mais il connaît aussi un piratage massif. Disponible illégalement depuis le 12 novembre, l’ouvrage fait face à une consultation record, avec des débats sur l’éthique du téléchargement dans ce cas précis.
Jordan Bardella publie ses mémoires : un succès commercial controversé
Le 9 novembre, Jordan Bardella, président du Rassemblement National, publiait son premier ouvrage Ce que je cherche chez Fayard. Ce livre autobiographique retrace son parcours personnel et politique, tout en offrant une immersion dans les coulisses de l’extrême-droite française.
Le succès ne s’est pas fait attendre. L’ouvrage s’est rapidement hissé à la première place des ventes, surpassant même Houris de Kamel Daoud, prix Goncourt 2024. Il est également notable que ce livre soit le premier écrit par une figure majeure du Rassemblement National depuis des années. Marine Le Pen, ancienne présidente du parti, rencontrait des difficultés à trouver un éditeur pour ses propres publications après 2016.
Cependant, cet engouement est loin de faire l’unanimité. La publication de Ce que je cherche a suscité un vif débat dans les médias, beaucoup s’interrogeant sur l’impact de cet ouvrage dans un paysage politique et littéraire marqué par des tensions idéologiques.
Un record de piratage pour Ce que je cherche, selon ActuaLitté
Le succès en librairie de Ce que je cherche est accompagné d’un phénomène, inattendu pour certains : un piratage massif. Le média ActuaLitté rapporte que depuis le 12 novembre, l’ouvrage est disponible sur l’une des plateformes de téléchargement illégal les plus fréquentées. En quelques semaines, le fichier a été consulté plus de 80 000 fois.
Parmi ces consultations, ActuaLitté estime que plus de 50% aboutissent à un téléchargement. Ce phénomène place le livre de Jordan Bardella parmi les titres les plus piratés dans le secteur littéraire français, un phénomène généralement réservé à des best-sellers ou à des œuvres très médiatisées.
Débat éthique : entre boycott financier et nécessité d’accès au contenu
Le téléchargement illégal soulève des questions éthiques complexes, notamment dans ce cas précis. Si le piratage est souvent condamné pour ses conséquences sur l’économie du livre, il est ici justifié par certains comme une forme de « résistance ».
De nombreux internautes avancent qu’ils souhaitent accéder au contenu de l’ouvrage sans soutenir financièrement l’auteur ou son éditeur. La figure controversée de Jordan Bardella, et plus largement la décision de Fayard de publier un livre signé par une personnalité de l’extrême-droite, sont au cœur de cette décision. Pour ces lecteurs, télécharger illégalement Ce que je cherche permet d’analyser le discours de l’auteur tout en affirmant une opposition idéologique claire.
Cette situation met en lumière un paradoxe : un intérêt marqué pour un contenu controversé, mais une volonté affirmée de ne pas en financer la diffusion. Ce cas soulève aussi des questions pour le monde du livre, notamment sur la manière dont les publications de figures politiques polarisantes sont reçues et contestées.